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La remasterisation de Dishonored, selon ses directeurs créatifs

En faisant la promotion de la version remasterisée de Dishonored et en expliquant sa raison d'être, les directeurs créatifs du jeu mettent en avant un argument trop rarement pris en compte par les joueurs.

Le Jeu vidéo est jeune, mais son public -joueurs et journalistes- est déjà aigri. Lorsque l'on entend parler de l'arrivée d'un titre en version remasterisée, le réflexe établi est souvent de le dénigrer en y voyant un banal goodie, une copie disposant simplement de graphismes légèrement améliorés et surtout un produit visant à relancer les ventes d'un jeu vieillissant. Au fil des promesses et des déceptions que nous ont offertes nombres d'éditeurs peu scrupuleux via leurs franchises annualisées, ce type de réflexion est devenue un réflexe désillusionné qu'ont acquis les joueurs à force de fatigue face à une industrie qui privilégie trop rarement la culture au profit de la rentabilité. Cependant, un jugement trop hâtif est rarement une bonne chose et lorsqu'une version remasterisée est annoncée, il est facile de n'y voir qu'un produit destiné à se vendre et d'oublier les avantages que ce cela peut présenter dans certains cas bien particuliers. Cet avantage qui existe parfois, c'est celui de constituer un portage.

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Lors du dernier E3 avait été annoncé, en plus d'un second opus de la franchise, une version remasterisée de Dishonored à destination des Xbox One et PS4. Afin de faire parler de cette nouvelle sortie sur les consoles actuelles, Bethesda publie bien-sûr régulièrement de petites informations ou commentaires sur cette nouvelle version qui sortira dans deux semaines. Notamment, l'éditeur a récemment publié sur son site officiel une petite interview avec les deux co-directeurs créatifs, Raphael Colantonio et Harvey Smith, afin de justifier cette remasterisation autrement que par son aspect financier. Cette interview a donc certes un objectif promotionnel, que l'on ressent très fortement dans le discours, mais elle garde néanmoins le mérite de mettre en avant cet argument en faveur des remasterisations que l'on entend trop rarement.
On y lit ainsi : "la durée de vie des bons jeux sur les étalages est trop courte. On peut encore trouver et apprécier un livre, une chanson ou un film un siècle après sa création, mais c'est souvent difficile de jouer à un jeu après la fin d'une génération de consoles. [...] Dishonored est un jeu qui nous est cher[...]. Se dire que tout ça pourrait tomber dans l'oubli uniquement parce qu'on est passé à une nouvelle génération de consoles... ce serait triste."

C'est ainsi l'argument du portage et l'envie de contribuer par ce biais à la culture vidéo-ludique qui est mis en avant : en plus d'une comparaison avec les autres formes d'art, le Jeu vidéo est ici décrit comme devant rester disponible à la vente pour que tout un chacun puisse le découvrir. Mais, les mots des directeurs créatifs sont-ils sincères ou sont-ils ce que Bethesda a voulu que l'on lise ? Étant donné l'état actuel du milieu et de l'industrie dans lesquels nous évoluons, nous nous devons malheureusement de nous poser cette question, aussi exagérément cynique puisse-t-elle sembler. D'un autre côté, lorsqu'il s'agit de cet éditeur et surtout de ces développeurs, une certaine confiance en ces propos ne serait pas nécessairement mal placée ...

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