L'ESA s'attaque à l'Ouya

Si l'on connaissait les éditeurs de jeux comme des entreprises souvent moins intéressées par les jeux qu'ils produisent que par le profit qu'ils peuvent en tirer, l'ESA nous en montre une nouvelle preuve lors de l'E3 de cette année.

Tout commence avec le fait que l'Ouya n'ait pas choisi de stand à l'E3 mais aurait préféré le parking situé en face du Convention Center. Avec une location bien moins chère, les constructeurs de l'Ouya ont ainsi évité de dépenser une fortune pour présenter leur console et profiter de l'événement. D'autre part, cela a permis à la console d'être accessible à tous, pas uniquement aux professionnels.

Alors que l'ESA aurait pu jouer fair-play, l'association a préféré rendre le stand invisible depuis le centre en louant une place qui restait et en y plaçant un semi-remorque. Autrement dit : une tentative d'imposer la location d'un espace dans le salon. Ne se laissant pas faire, les créateurs de la console ont donc loué encore une nouvelle place afin de placer une affiche juste devant le semi-remorque. Une petite guéguerre se crée afin de permettre ou d'empêcher la promotion de la console.
N'appréciant pas du tout de perdre sa place de donneur d'ordre, l'association d'éditeurs américains a semble-t-il fini par appeler la police afin de les expulser. Les forces de l'ordre n'ont bien-sûr constaté aucun problème d'ordre légal et rien n'a été fait à l'encontre du stand de l'Ouya.

L'histoire s'est donc bien terminée avec une Ouya présentée tant bien que mal au monde, mais il n'en reste pas moins un comportement très discutable de la part du syndicat des éditeurs. En plus de rentrer de plein fouet dans une tentative de concurrence déloyale, d'escroquerie, voire de racket, l'ESA bafoue dans le même temps le minimum acceptable en matière de comportement, de politesse et de fair-play. Il s'agit-là d'une éthique professionnelle que les éditeurs semblent avoir perdue, l'ayant remplacée par des techniques mafieuses.

E3 2013 ESA Ouya