Critique
Le jeu se déroule dans un pays fictif d'Afrique dans lequel règne une guerre civile entre deux factions : l'APR et l'UFLL. Malgré un cessez-le-feu, les combats continuent à cause d'un marchand d'arme, surnommé le Chacal, qui profite de la situation politique pour vendre ses armes aux deux camps. Incarnant un mercenaire chargé d'assassiner ce dernier, le joueur se retrouve vite au milieu de cette guerre et doit en plus gérer le paludisme qu'il contracte aussitôt après son arrivée.
Ce titre fait preuve d'un gameplay et d'un roleplay bien particuliers. L'une des originalités du jeu est que l'on n'est en sécurité nulle part. Où que l'on soit, on risque de se retrouver face à un poste de contrôle ou une patrouille qui ne feront pas la moindre sommation avant de tirer. Quoi que l'on fasse, tout être humain à l'extérieur des zones de cessez-le-feu est un ennemi et chaque trajet, même anodin, peut devenir mortel. Se déplacer pour remplir une mission implique alors deux techniques différentes : soit monter dans un véhicule armé et être prêt à monter sur la tourelle à tout moment pour tirer, soit se déplacer discrètement à pied pour ne pas se faire repérer. Ce harcèlement permanent de la part des deux factions oblige parfois à trouver des seringues de soin ou des munitions en urgence. C'est ainsi une ambiance de danger permanent, assez oppressante qui est créée, véhiculant un stress assez important chez le joueur. Une véritable ambiance de qualité, mais qui crée aussi une certaine difficulté. Heureusement, des planques disséminées un peu partout sur la carte peuvent être débloquées et améliorées, apportant seringues, armes neuves et véhicules. De plus, un ami mercenaire peut veiller sur le joueur et venir à son aide à tout moment si sa santé chute jusqu'à zéro ; et inversement : ces partenaires pourront parfois avoir besoin d'aide, auquel cas il sera possible de sacrifier une seringue pour les aider, ou abréger leurs souffrances d'une balle dans la tête. Enfin, notons qu'ici les soins ne se font pas instantanément comme par magie : le jeu gagne en réalisme en obligeant à se mettre à couvert quelque secondes pour ôter un morceau de métal fiché dans sa jambe ou pour cautériser une plaie.
Le choix d'armes très différentes les unes des autres permet d'adopter l'approche avec laquelle on se sent le plus à l'aise : en plus des armes d'assaut classiques, on peut attaquer l'ennemi à coup de mortiers et de lance-missile, ou se faire discret grâce aux armes silencieuses et utiliser les explosifs télécommandés pour le sabotage. Les armes incendiaires offrent quant à elles une part de gameplay inédit dans cet environnement sec. Mettre le feu à la brousse permet ainsi de se défendre en empêchant les ennemis de s'approcher de soi ou de les débusquer s'ils restent à couvert. D'autre part, l'usure naturelle des armes apporte une dose de réalisme supplémentaire : il faudra régulièrement récupérer des armes neuves pour éviter que celles-ci ne s'enrayent, voire n'explosent en pleine utilisation. Cependant, s'il est appréciable de voir un lot d'armes totalement hétérogène, il est dommage que ces mêmes armes soient aussi limitées en nombre. On peut notamment citer le fait qu'il n'existe que trois armes silencieuses.
L'environnement du jeu est très soigné, faisant découvrir divers milieux comme la savane, le désert, la jungle ou l'eau. Le gameplay s'adapte à ces différentes situations : très utile dans la savane, le feu sera inutilisable dans la jungle, trop humide ; le désert oblige le joueur à opérer totalement à découvert ; et ne pouvant pas utiliser d'arme en nageant, il faudra retenir sa respiration sous l'eau pour ne pas se faire repérer par les ennemis en bateau voire pour les surprendre en grimpant rapidement sur leur embarcation. Les bruitages d'ambiance complètent et correspondent parfaitement à ce point, même si leur volume est clairement mal réglé et ne peut pas être modifié dans le menu des options. Le vent dans les arbres et la pluie en arrivent vite à donner mal à la tête. De même, malgré le fait que la musique soit de bonne qualité et parfaitement adaptée aux lieux et situations, il faudra la couper pour écouter les voix des ennemis et déterminer précisément leur position, ce qui est d'autant plus dommage que ces derniers offrent parfois de précieuses informations. L'intelligence artificielle de qualité fait ainsi correspondre les paroles aux situations, les ennemis définissant parfois leurs tactiques à haute voix ou râlant dès que leur arme s'enraye. Ces informations deviennent donc très utiles pour les surprendre. Enfin, notons que la "liberté absolue" vanté par les éditeurs à propos de la carte est en réalité assez limitée à cause d'un relief et de falaises infranchissables.
Le scénario reste malheureusement très simple, probablement trop, et les missions sont d'une répétitivité consternante. Les seules choses à faire tout au long du jeu seront de détruire ou de récupérer un objet ou de tuer quelqu'un. Si une partie du jeu semble avoir été bâclée, c'est bien celle-ci. Le seul véritable atout des missions est qu'elles ne sont pas trop nombreuses et surtout qu'on ne peut pas les empiler. Quand on compare Far Cry 2 aux autres FPS open-world, on se sent rassuré de l'impossibilité de se perdre dans une foule de quêtes différentes.
Il s'agit donc d'un jeu avec de grandes possibilités et au gameplay unique, mais qui sont par moments mal exploités.
Les + :
- Une ambiance d'insécurité permanente
- Plusieurs types d'approches possibles
- Le nouveau gameplay apporté par la maîtrise du feu
- Un assez grand choix d'armes
- Très bonne IA
- Pouvoir créer ses propres cartes
- Les armes peuvent être améliorées
Les - :
- Missions beaucoup trop répétitives
- Un open-world limité, à cause du relief
- Seulement 3 armes silencieuses
- Bruitages d'ambiance mal réglés
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